Le Chants des sardinières
Dans les bacs le jeudi 30 Novembre.
Dédié aux femmes des usines de la côte bretonne, «Le chant des Sardinières» reprend les airs essentiels de la condition ouvrière. 15 titres judicieusement choisis, un panoramique de ce qu'ont pu chanter ces ouvrières des XIXe et XXe siècles.
Au sommaire : des Gwerz certes, mais aussi quelques chants satyriques et revendicatifs « Faits maison » dont « Riches-Heureux » le titre phare qui avait été lancé lors des grèves historiques de Douarnenez 1924, puis repris pour celles de Lesconil et du Guilvinec en 1926. C'est l'une des deux chansons interprétées en français.

Parmi les autres, pour lesquelles Gilles Goyat et Michel Le Roy se sont investis dans la recherche et la sélection, la « Gwerz du Titanic » et « Santez Anna », plus connues et moins en rapport direct avec le sujet, font figure de bonus précieux.
Au départ, les ouvrières chantaient à la demande des patrons et des contremaîtresses : ils se sont rendus compte qu'elles avaient moins tendance à s'endormir quand elles poussaient la chansonnette. Mais les patrons ont rapidement déchanté. Après les années 20, le chant est devenu un outil de contestation : « il permet alors de créer une cohésion entre les femmes dans leur travail quotidien, comme dans la lutte pour leurs revendications sociales ». Au plus fort de la crise sociale, s'élèveront inlassablement les couplets de l'Internationale ouvrière et les refrains anarchistes, sous les fenêtres des patrons alors impuissants à rompre cette musique subversive !
« On ne peut pas à proprement parler de chants de travail, qui guident la manoeuvre comme dans les chants de marins. On chante ce que l'on a toujours entendu à la maison », explique Marie-Aline Lagadic, qui a toujours entendu sa grand-mère et ses tantes, sardinières, fredonner au travail comme à la maison.
En mars 2004, « Penn Sardines » de Marc Rivière, était vu par plus de 4 millions de spectateurs. Les actrices Charlotte Valendrey, Marie Pillet et Carole Richert (qui obtiendra un sept d'or pour la circonstance) ne pouvaient avoir meilleures professeurs que Marie-Aline et Klervi elles-mêmes, bien décidées à ne pas en rester là.
« Cet album nous l'avions en tête depuis que le réalisateur du film nous avait contactées ». Voilà comment avec la complicité de l'accordéoniste Alain Trévarain, du pianiste François Gouzien et du preneur de son/arrangeur Patrice Marzin, mère et fille posent leurs superbes voix pour un opus qui fera date.
Dans les bacs le jeudi 30 Novembre.
Source : Keltiamusique
