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 | Breiz d'ar Vreiziz, La Bretagne aux Bretons |
Publié le : 04/07/2003 PDF Format | Plus réaliste et moins sensible au folklore que d'autres associations nées au début du siècle, le parti nationaliste breton, créé en 1911, avait un programme fondé sur des revendications énergiques.
Fondé en octobre 1911 sous le patronage d'un comité de sept membres, il met au point et publie un manifeste dont la répercussion est encore plus appréciée à l'étranger qu'en France. I1 repousse la date du 14 juillet comme fête nationale et propose le 29 septembre, jour anniversaire du couronnement de Nominoë et de la victoire remportée en 1364 à Auray par jean de Montfort sur l'armée française de Charles de Blois.
La première manifestation active de ce parti a lieu le 29 octobre 1912, lors de l'inauguration sur la place de l'Hôtel-deVille de Rennes du monument représentant, d'après l'artiste Jean Boucher, l'Union de la Bretagne à la France. Comme on le sait, sur ce groupe, Anne de Bretagne était à genoux devant le roi de France.
Le gouvernement français, qui n'ignorait ni l'existence ni l'importance du parti nationaliste, avait pris ses précautions; elles furent vaines et au moment où tombait le voile, Camille Le Mercier d'Erm, armé d'un puissant sifflet, en tirait des sons aigus, encouragé par tous ses amis. II fut appréhendé et conduit aux locaux de police municipale qui se trouvaient à l'Hôtel de fille. En le voyant encadré par les agents, un ' officiel ', faisant allusion au comité directeur du Strollad Broardel Breiz composé de sept personnalités, murmura ' Encore six et nous serons tranquilles. >
Malgré le désir de l'inculpé et de ses fidèles, l'incident fut étouffé devant le tribunal de simple police.
Le véritable initiateur est en effet Camille Le Mercier d'Erm qui s'entoure de collaborateurs éminents et décidés, parmi lesquels nous devons citer : N. Le Roux, Pol Suliac, A. Douar Gwe, Erwan Huesnou, Hervé de Kerguilly, Maurice de Langoët.
Les buts qu'ils se proposent sont : protester toujours et quand même contre l'oppression française; préparer la résurrection bretonne dans ce mouvement de réprobation vis-à-vis du peuple français qui prive leur pays de l'indépendance nationale à laquelle il a droit.
Ils veulent avant tout être des protestataires et non des conspirateurs; ils s'offrent ouvertement à la vindicte et au châtiment qu'ils pourraient encourir. Les articles 4 et 5 de leur manifeste méritent d'être cités en entier.
Article 4. On nous a successivement volé notre indépendance nationale, puis nos libertés et franchises provinciales, on a violé sans cesse le traité de 1532 qui assurait à notre pays ces libertés et ces franchises avec le privilège d'un Parlement et le droit de porter sur ses armes, à défaut de la couronne fermée, le bonnet d'hermine cerclé d'or (dérisoire compensation il est vrai, cet regard de ce que nous avions perdu). Depuis la révolution française, la situation a empiré. Aujourd'hui, la sournoise persécution de nos maîtres, d'autant plus dangereuse qu'elle se dissimule et creuse des galleries souterraines dans notre vieux sol, cherche à nous arracher notre langue et nos coutumes, nos traditions civiles et religieuses, tout ce qui reste de l'ancien patrimoine national, tout ce qui fait notre orgueil et notre joie. Nous nous y opposons de toute notre force, et nous revendiquerons l'héritage de nos ancêtres.
Article 5. On nous croit écrasés, annihilés, assimilés, francisés. C'est faux !Il v a encore, dans l'âme bretonne, quelque chose qui résiste et qui survit, quelque chose que l'on a voulu étouffer, anéantir et qui demeure aujourd'hui aussi vivace et robuste qu'au temps de notre indépendance et cela, conscient ou inconscient, c'est le sentiment National.
Les adhérents de ce parti ne veulent reconnaître ni grande ni petite patrie, ils ne s'inclinent que devant une seule, la Bretagne. Ils estiment qu'il est temps de se révolter contre une domination qu'ils jugent arbitraire et déloyale. La Bretagne est pour eux une nation asservie et opprimée, comme l'étaient la Pologne et l'Irlande. (Il faut d'ailleurs noter que depuis, ces deux pays, qu'ils nomment dans leur manifeste, ont obtenu la libération.)
Ce nouveau parti possède toute l'énergie de la jeunesse. I1 prétend à une séparation intégrale d'avec la France et réclame l'indépendance politique de la nation bretonne. Il ne veut qu'un drapeau : l'étendard blanc moucheté d'hermine; qu'une langue : la langue bretonne et comme hymnes nationaux Bro-Goz-Ma Zadou et Sao-Breiz-Izel. I1 demande le concours de toutes les énergies, toutes les intelligences et toutes les consciences bretonnes pour organiser une résistance active à l'intrusion étrangère. Son cri de ralliement qui est resté le même jusqu'à nos jours est : Breiz d'ar Vreiziz, La Bretagne aux Bretons.
René Barbin l'autonomisme Breton 1930. | | |  Nombre de hits pour cette chronique : 3613 |
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